Municipales 2026: les propositions de Vélocité

Ces propositions pourront servir de référence aux candidates et candidats des communes de l’aire urbaine de Montpellier pour que leurs programmes répondent aux attentes de la population en faveur de la marche et du vélo, pour atteindre a minima les objectifs de part modale fixés dans le Plan de Mobilité de la Métropole (15% de déplacements à vélo tous trajets confondus en 2032 contre 6% en 2023) et par l’Etat (12% des déplacements à vélo en 2030). Le prochain mandat doit impulser un nouvel élan à la politique cyclable du territoire pour faire du vélo une véritable solution de déplacement, où que l’on habite.

+Objectif zéro mort et zéro blessé grave sur la route
Il est inadmissible de mourir en traversant la rue, en allant au travail, ou en se déplaçant pour toute autre raison. La ville sans accident, aussi appelée vision zéro, comme 0 accident grave et 0 tué sur l’espace public doit être un objectif concret pour les autorités publiques.Ce projet politique a été mis en place avec succès à Oslo et Helsinki pour le bien de la ville et de ses habitants. En France, la métropole de Lyon s’est engagée sur cet objectif. Chaque accident grave doit être suivi d’une analyse incluant les associations d’usagers pour comprendre l’accident, et veiller collectivement à ce qu’il ne se reproduise plus.

Pour atteindre ces objectifs, la pyramide inversée des mobilités doit guider l’action publique.

Pyramide des mobilités
Crédits SHARE-North
+1. Sécuriser les intersections

La sécurisation des carrefours et des intersections est un objectif majeur du mandat à venir, les statistiques d’accidentologie et le baromètre 2025 sont sans équivoque sur le sujet. Le décès d’un cycliste écrasé par un camion en juillet 2025 à l’intersection Voie Domitienne – Flahault a tristement rappelé cette réalité.

Les dernières réalisations des pistes cyclables linéaires (route de Mende, avenue Flahaut) sont de grande qualité. Mais en ce qui concerne la sécurisation des ronds-points (Richter) et intersections (Flahaut) ne sont pas à la hauteur du linéaire.

Ce sujet est nouveau pour la métropole de Montpellier bien que les premiers modèles d’intersections protégées (carrefours et ronds-points) datent de 1970 ailleurs. Aujourd’hui, aux Pays-bas, c’est un aménagement très commun (plusieurs milliers d’intersections protégées réalisées partout dans le pays) plébiscité par les cyclistes, les piétons et les automobilistes !

En France, les référentiels du CEREMA expliquent comment traiter ces problématiques. Une évolution des pratiques d’aménagement des carrefours est nécessaire afin de créer des itinéraires sécurisés de bout en bout, sans discontinuité.

Intersection Route de Mende – Voie Domitienne
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Rond point d’Amarger à Castelnau – Véloligne 1 Intersection Frêche/Pompignane
Rond-point routier Rond-point à la hollandaise
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+2. Repenser le plan de circulation pour sortir le trafic de transit des cœurs de quartier

Sur le mandat 2020-2026, certaines villes de la Métropole, dont Montpellier, ont fait évoluer leur plan de circulation. Cela a permis de réduire le trafic de transit et la vitesse des véhicules de certains quartiers, permettant aux piétons et aux cyclistes de se déplacer en sécurité dans des rues qui leurs étaient autrefois hostiles. Ces rues sont devenues des espaces vivants où les habitants prennent plaisir à déambuler (Observatoire, Saint-Louis, Léon Blum).

Pour en tirer un bénéfice maximum, cette évolution du plan de circulation doit maintenant s’étendre à l’ensemble des communes de la métropole.

La saturation des 4 boulevards, les milliers de voitures sur la rue Lakanal ou la rue Celleneuve ne permettent pas aux piétons ou aux cyclistes de s’y déplacer en sécurité et restent un frein à la pratique de la marche et du vélo. Cette question du plan de circulation est également prépondérante dans les communes environnantes : avenue Jean Jaurès à Castelnau, cœur de Vendargues, …

En période de restriction budgétaire, le plan de circulation est un outil très peu coûteux pour transformer l’espace public au bénéfice des piétons et des cyclistes : il doit maintenant être utilisé pour apaiser les différents quartiers gravitant autour du centre-ville et permettre de recréer des « petits villages » urbains. La circulation motorisée dense devant se recentrer sur les avenues et axes qui eux, ont été dimensionnés à leur conception pour accueillir ce trafic.

Rue Daru, Montpellier : une rue étroite avec + de 3000 véhicules / jour Rue Pellicier, à 50m : trafic motorisé limité à la desserte, la rue est agréable et cyclable
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+3. Protéger les usagers vulnérables : piétons et cyclistes

Sur les grands axes, la mixité n’est pas une solution. Quand le trafic motorisé est important, la séparation physique est indispensable. 93 % des répondants au Baromètre Vélo demandent des aménagements séparés. 70 % des piétons souhaitent également une séparation claire entre espaces vélos et trottoirs.

Montpellier a commencé à généraliser un profil de rue exemplaire : un espace confortable pour les piétons, un espace dédié aux cycles, un espace pour les motorisés. Ce modèle doit devenir la norme partout sur le territoire de la métropole.

Ces pistes sont larges, continues, avec une séparation physique (bordures pardonnante côté motorisé, franchissable côté piéton) et non de simples marquages de peinture, avec des trottoirs praticables à deux de front, sans obstacles et respectant les normes d’accessibilité PMR.

La sécurité ne repose pas sur des obligations individuelles (comme le casque), mais sur un espace public conçu pour éviter les collisions et les conflits.

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+4. Aménager la voirie pour réduire la vitesse motorisée

La généralisation du 30 km/h dans de nombreuses communes de l’aire urbaine constitue une avancée importante, mais une limitation de vitesse n’a de sens que si l’aménagement de la rue la rend crédible.

Aujourd’hui encore, beaucoup de rues limitées à 30 km/h ont été historiquement conçues pour 50 km/h : chaussées larges, longues perspectives dégagées, carrefours peu lisibles. Dans ces conditions, la signalisation seule ne suffit pas à protéger les habitants. Il faut donc engager une transformation progressive et systématique de la voirie afin que la forme de la rue corresponde à sa fonction : résidentielle, commerçante, scolaire ou structurante. Réduire la vitesse passe d’abord par le dessin de la rue.

L’ambition du prochain mandat doit être claire : faire correspondre chaque rue à son statut réel, transformer les zones 30 en quartiers véritablement apaisés, et constituer un réseau cohérent de rues à faible trafic reliant les centralités entre elles. La modération des vitesses n’est pas une contrainte : c’est une condition pour rendre la ville plus sûre, plus respirable et plus agréable à vivre.

rue Auguste Comte, Montpellier rue Marioge, Montpellier
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+5. Développer une culture partagée de la sécurité routière

En complément des aménagements, tous les leviers permettant la construction d’un système de mobilité où les gens se respectent doivent être mis en œuvre : sensibilisation auprès de tous les publics, rappels des règles et de leurs évolutions, contrôles et sanctions.

La ville doit mobiliser les forces de l’ordre pour lutter contre les violences motorisées, c’est-à-dire contre les actes de violence commis par les personnes conduisant un véhicule motorisé, qu’ils soient intentionnels ou résultant de comportements dangereux sur la route. Les auteurs de violences physiques ou motorisées volontaires doivent être systématiquement poursuivis.

La vidéoverbalisation, les contrôles policiers et le déploiement de radars automatiques doivent sanctionner en priorité les véhicules motorisés (vitesse, stationnements illégaux, refus de priorité, feux, sas vélos…), car l’immense majorité des piétons et des cyclistes tués en France le sont par un conducteur de véhicule motorisé. La verbalisation doit concerner aussi les mauvais comportements des cyclistes (vitesse en zone piétonne, refus de priorité piétons).

Police verbalise un scooter
Crédit photo : Police Municipale de Montpellier

+Se déplacer efficacement à l’échelle de l’aire urbaine
+6. Finaliser le réseau des vélolignes avant 2030

En 2026, environ la moitié du Réseau Express Vélo de la Métropole est fonctionnel. Le mandat 2020-2026 a permis de réaliser environ 45 nouveaux km, il reste 100 km à réaliser rapidement, pour avoir un réseau efficace continu.
Carte interactive de l'observatoire des vélolignes
Réaliser en priorité les lignes 5, 6 et 7 pour désenclaver le sud & le sud-ouest de Montpellier / Saint-Jean-de-Vedas / Villeneuve-lès-Maguelone où il existe très peu d’aménagements cyclables. Compléter la véloligne 2 (segment manquant permettant la desserte des établissements Joffre et Mermoz). Reprendre les segments des vélolignes ne respectant pas les recommandations minimales du référentiel de 3M.

+7. Faire du vélo une évidence, y compris dans les Quartiers prioritaires de la Politique de la Ville

Pouvoir se déplacer librement est essentiel pour accéder à un emploi, suivre une formation, faire ses courses ou aller chez le médecin. Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), plus de trois jeunes sur quatre ont déjà renoncé à un emploi ou à une formation en raison de difficultés de mobilité (source : baromètre Apprentis d’Auteuil 2024), et le genre influence davantage la pratique des mobilités actives dans les QPV.

Pour développer un écosystème vélo-marche inclusif au sens large (source : étude 2023 du Club des villes & territoires cyclables et marchables), il faut :
– Développer une culture marche et vélo (services, animations)
– Apprendre dès le plus jeune âge et à l’âge adulte
– Redéfinir l’espace public et relier les quartiers au reste de la ville
– Développer l’offre de stationnement

De nombreux quartiers de Montpellier sont encore mal desservis: Mosson, Restanque, Lemasson, Ovalie, Sabines, … Il est urgent pour la collectivité d’investir dans des aménagements sécurisés, des ateliers d’apprentissage et des campagnes de sensibilisation ciblées.

Bicyclaide dans les QPV

Crédit photo : Club des villes & territoires cyclables et marchables

Le bonheur à vélo

Crédit photo : Le bonheur à vélo

+8. Résorber les coupures urbaines cyclables et piétonnes

La transformation du tunnel routier de la Comédie en galerie cyclable, qui voit déjà passer 1.000 cyclistes par jour quelques semaines après son ouverture, montre que des ouvrages d’art sont parfois nécessaires pour faire transiter les cycles.

Des passerelles, tunnels et ouvrages d’art permettent d’assurer les continuités marchable et cyclable malgré les « coupures urbaines » que constituent les rivières, chemins ferrés, et grosses artères routières. Dans d’autres territoires (Strasbourg, Seine Saint-Denis), des plans de résorption des coupures urbaines permettent la réalisation régulière de nouveaux franchissements pour les modes actifs.

Boirargues: M66 infranchissable à vélo Galerie cyclable / Tunnel
Boirargues, la M66 est infranchissable à vélo Galerie cyclable sous la ComédieTunnel
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Lieux prioritaires identifiés par les associations pour de nouvelles réalisations :
– Passerelle piétons et cycles sur l’avenue du Marché Gare, à Montpellier, où une piétonne a été tuée par un camion en février 2024 sur le pont étroit au-dessus de la voie ferrée.
– Tunnel au niveau du Passage à Niveau de l’avenue Marcel Dassault à Castelnau
– Passerelle de Navitau
– Traversée des M66 (vers Boirargues) et M986 (entre Lattes et Maurin)
– Traversée du rond-point du LIEN (M65 / M610) de Castries
– Réaménagement du pont au dessus de la D986
– Réaménagement de la passerelle de Saporta

Discontinuité cyclable entre St Clément de Rivière et Grabels (D986) Passerelle sur l’A750
Discontinuité cyclable entre St Clément de Rivière et Grabels Passerelle sur l'A750
❌ Non satisfaisant ✅ Attendu
+9. Appliquer la réglementation et passer 100% des rues en double-sens-cyclable

Le double-sens cyclable est une voie à double sens dont un sens est réservé aux cycles. Bien que la plupart des communes de l’aire urbaine de Montpellier soient limitées à 30km/h, le double-sens cyclable y est encore très marginal. Il est nécessaire de le démocratiser afin de faciliter les itinéraires vélos, et permettre des trajets efficaces et directs.

Mesure peu coûteuse, la mise en place généralisée du double-sens cyclable permet de légitimer la place du vélo dans les rues résidentielles et d’atténuer les tensions avec les véhicules motorisés. Convenablement mis en œuvre, il favorise la sécurité du fait d’une meilleure visibilité réciproque des usagers.

Plusieurs communes de la métropole prennent des arrêtés illégaux sur le sujet en interdisant l’ensemble des DSC. La jurisprudence montre que ces arrêtés ne tiendraient pas devant des tribunaux et vont à l’encontre de la réglementation existante.

Double-sens cyclable
+10. S’appuyer sur la réalité des itinéraires plutôt que sur les limites administratives

Les déplacements de la population ne s’arrêtent pas aux limites administratives des collectivités, or trop souvent les aménagements cyclables s’arrêtent brutalement entre métropole et communautés des communes voisines. Le réseau express vélo doit être une ossature permettant les déplacements sur l’ensemble de l’aire urbaine. De nombreuses communes hors-métropole (Saint Clément, Mauguio) sont frontalières avec Montpellier.

Sur l’aire urbaine de 800.000 habitants, 60% de la population, soit 500.000 personnes, résident à moins de 30 min à vélo de la place de la Comédie. L’extension d’un réseau cyclable sécurisé continu et efficace permettrait à des automobilistes aujourd’hui d’utiliser le vélo pour certains trajets, ce qui diminuerait la congestion quotidienne aux abords de Montpellier.

Les images ci-dessous mettent en évidence le potentiel du vélo pour réaliser des trajets efficaces à l’échelle de l’aire urbaine.

Zone à 30 min à vélo Zone à 30 min à VAE

+Encourager les déplacements à vélo pour toutes et tous
+11. ​​Encourager l’apprentissage et les déplacements à vélo des enfants et des adolescents

Les jeunes apprécient de pouvoir se déplacer en autonomie, à pied ou à vélo, et cette activité physique quotidienne est très positive pour leur santé physique et mentale.

La généralisation des rues scolaires devant chaque établissement incite les enfants et leurs parents à privilégier la marche ou le vélo pour les trajets domicile-école. En limitant l’accès aux véhicules motorisés aux abords des écoles, on diminue les risques de collisions impliquant des enfants, souvent vulnérables en raison de leur taille et de leur manque d’expérience.

Le déploiement généralisé de dispositifs comme le Savoir Rouler à Vélo (SRAV) permet aux enfants d’acquérir dès l’école primaire les compétences nécessaires pour se déplacer seuls à vélo en ville, et pouvoir ensuite aller au collège à vélo. Il est essentiel que ce programme ne soit pas réduit à une simple sortie vélo ou à une animation de piste de sécurité routière. Il doit s’agir de séances en conditions réelles permettant aux enfants de se déplacer en autonomie. Les enfants y apprennent à circuler en sécurité mais surtout à interagir avec les autres usagers, analyser une situation et prendre les bonnes décisions.

Sortie vélo Séance SRAV en conditions réelles
Sortie vélo Séance SRAV en conditions réelles

La sécurisation complète des itinéraires d’accès est critique pour que les parents permettent aux adolescents de se rendre au collège seuls à vélo. Il suffit d’une intersection non sécurisée sur le trajet pour empêcher les familles de considérer le vélo comme un mode de transport légitime pour les trajets scolaires.

Vélobus à Clapiers
Vélobus à Clapiers
+12. Retirer les barrières sociales à la pratique du vélo

L’achat et l’entretien d’un vélo reste un frein à l’usage pour certaines personnes qui ne peuvent pas se reposer sur le circuit commercial classique pour des raisons financières et sont donc, de fait, exclues des programmes d’aide à l’achat. La Métropole peut contribuer à inclure ces populations, en facilitant l’achat de vélos d’occasion à bas coût via la collecte et le réemploi des vélos par des ateliers spécialisés, contribuant au passage à la réduction des déchets, et en abondant toute inscription dans un atelier d’autoréparation, leur permettant ainsi d’assurer la maintenance de leur vélo. Cela passe aussi par la mise à disposition de locaux adaptés pour les ateliers d’autoréparation ou de réemploi.

Mais avant même l’achat, la maîtrise de la pratique n’est pas acquise par tous: environ 8% de la population adulte française ne sait pas du tout faire de vélo, et 28% déclarent ne pas être à l’aise à vélo, en particulier lors des trajets urbains. Cet état de fait est renforcé dans les classes populaires. Les vélo-écoles sont un des outils les plus efficaces pour résorber cette fracture de la mobilité. Il faut pérenniser leur action, par exemple en s’inspirant du programme Vélo-Egaux (vélo-école adultes).

+13. Installer du stationnement vélo aux lieux stratégiques
Garantir la présence de stationnements vélo abrités et clos aux lieux du quotidiens (habitat, gares/pôles d’intermodalité, établissements scolaires, sites employeurs) et déployer des arceaux en libre accès en cœur de ville pour les stationnements de courte durée (espaces publics, commerces).

Non satisfaisant Attendu
❌ Non satisfaisant ✅ Attendu
+14. Mettre en place des partenariats avec les maisons pour tous / MJC autour du vélo
Il peut être compliqué de rentrer en contact avec les publics éloignés du vélo, à l’inverse des personnes intéressées par le vélo ne savent pas à qui s’adresser. Renforcer les partenariats entre les maisons MPT, MJC ou autres instances de proximité avec les acteurs associatifs du vélo permettrait de toucher des publics aujourd’hui éloignés du vélo.
+15. Rendre le vélo désirable

Le vélo est objectivement attractif : efficace avec la garantie de toujours mettre le même temps pour son trajet quotidien, permettant l’amélioration de sa santé physique et mentale, peu bruyant et sans émission de gaz à effet de serre.

Et pourtant, certaines personnes perçoivent le vélo négativement. Certains actifs considèrent la voiture comme signe d’un statut social, et parfois les adolescents préfèrent prendre le tram pour y utiliser leur smartphone.

Il est possible de modifier ces perceptions, grâce à une stratégie de communication sur les médias qu’utilisent les personnes qu’on souhaite toucher, en mettant en avant des images positives du vélo au quotidien, une image du vélo « cool et fun » plus engageante.

Collège
Tous à vélo rigolo

+Mobiliser les bonnes pratiques pour viser l’excellence
+16. Voter un budget à la hauteur d’une politique cyclable crédible – 35€/an/habitant
Le budget vélo de la précédente mandature a permis d’impulser la mise en place de la politique cyclable: 97M€ pour 500.000 habitants de la métropole, soit 32€ par habitant et par an. Afin de la poursuivre, les investissements financiers doivent rester de l’ordre de 35€/ an et par habitant, comme au Danemark ou aux Pays-Bas.

Le vélo, c’est un investissement, une solution pragmatique, rapide et peu coûteuse pour améliorer la vie locale. Chaque kilomètre parcouru à vélo représente une économie moyenne d’un euro pour la collectivité.

Pour que l’investissement soit efficace, il faut éviter l’effet confetti (aménagements non continus) et l’effet du chiffre (quantité plutôt que qualité). La meilleure manière de le faire, c’est d’écouter les usagers et les associations qui les représentent.

+17. Structurer une mission vélo transverse au sein de Montpellier Méditerranée Métropole
Pole mobilité, pôle espace public, pôle territoriaux côté métropole, TAM, SA3M; trop d’entités distinctes construisent la politique cyclable du territoire, ce qui conduit à des projets très hétérogènes : des projets exemplaires et d’autres remis en cause devant un tribunal. Une évolution de l’organisation de la métropole sur la question du vélo permettra de poursuivre le développement du vélo au plus haut niveau.
+18. Co-construire en faisant appel à l’expertise d’usage dès le début du projet
Trop souvent la concertation est tardive, les projets sont déjà validés ou en cours de construction, ce qui peut conduire à une insatisfaction des usagers, quand ce n’est pas un aménagement dangereux. Identifiées en amont, les faiblesses des projets pourraient être corrigées avant la mise en chantier, ce qui permettrait aussi de réduire les coûts et d’accélérer les projets (éviter de faire/défaire/refaire).

Des modèles impliquant les usagers dans un processus de co-construction des politiques cyclables via les associations sont mis en place en région Parisienne ou à Rennes, ils peuvent être source d’inspiration.

+19. Tester les aménagements via des dispositifs temporaires, agiles et évaluables

Il faut parfois attendre longtemps avant de voir une rue se transformer, en raison de contraintes inhérentes aux lourds travaux de voirie. Un nouvel aménagement peut aussi manquer de fonctionnalités.

Le recours aux aménagements temporaires ou « urbanisme tactique » permet de transformer sans attendre, il permet ajustement, agilité à moindre coût avant d’envisager un aménagement définitif qui pourra arriver plus tard, et répondra totalement au besoin car déjà éprouvé et ajusté.

Urbanisme tactique à Paris

+20. Réaliser les aménagements définitifs en respectant des référentiels ambitieux

Si chaque aménagement doit être pensé avec son environnement immédiat propre, il existe une littérature internationale importante sur les qualités ou défauts des aménagements cyclables et marchables ; ces travaux ont permis à la métropole de construire son référentiel cyclable (en concertation avec Vélocité) qui doit à présent être systématiquement appliqué.

A noter qu’une évolution reste nécessaire sur la façon de protéger tous les usagers aux intersections en réalisant des carrefours protégés ou des giratoires sécurisés « à la hollandaise » qui font aujourd’hui consensus.

Les pays du Nord ont défriché les politiques cyclables, et inspirent de nombreuses villes. Ces réussites doivent inspirer les services de voirie lors de formation ou de voyage d’étude pour adapter ces réussites à notre territoire.

+Penser le vélo de manière globale
+21. Articuler le vélo avec le train, le tram, les bus et l’autopartage

Les différents modes de transports doivent être au service de chaînes de déplacements complètes, afin de réduire le recours à la voiture, et en particulier à l’autosolisme. La marche et le vélo doivent être pensés dans des chaînes de déplacement complètes, et l’intermodalité est un enjeu essentiel.

La possibilité d’emport des vélos dans les transports en commun, et en particulier dans le tram, quand l’affluence le permet, doit être repensée, en s’inspirant de ce qui fonctionne dans d’autres territoires.

Il faut multiplier les stationnements vélos sécurisés aux arrêts de tram, de bus ou des stations d’autopartage, et garantir une offre conséquente de stationnements sécurisés aux niveaux des gares comme à Nantes ou Lyon.

Favoriser cette multimodalité est essentielle avec la mise en place des bus-tram à l’échelle métropolitaine ou des futurs SERM à l’échelle du bassin de vie.

L’exemple du hub Comédie au centre de Montpellier, est à reproduire avec un dimensionnement aussi bien dans Montpellier que dans les communes avec du stationnement vélo sécurisé couplé à des stations d’autopartage et des accès de transport en commun.

+22. Proposer un service public de location de vélo ambitieux (libre-service/longue durée)

Le système Velomagg arrive en fin de vie et devrait s’arrêter prochainement. Hormis des systèmes privés de vélos en free-floating, une évolution du service public de location de vélo ne semble pas être prévue; pourtant un système de vélos en libre service (VLS) permettrait des milliers de déplacements quotidiens dans l’aire urbaine de Montpellier. Une évolution du VLS avec des équipements (sièges bébés) ou des vélo-cargos permettrait d’en élargir le public vers les familles et les professionnels.

Un système de vélos longue durée (VLD) permettrait, à de nouveaux usagers d’essayer à moindre coût différents types de vélo avant d’envisager l’achat d’un vélo qui pour certains est encore cher.

L’évolution récente du Véligo en Ile de France montre qu’un tel système est un véritable levier d’encouragement à la pratique du vélo tant pour des personnes handicapées, des familles mais aussi les entreprises ou des professionnels à vélo nécessitant des vélos particuliers.

Velomagg

Crédit photo : Vélocité

Véligo tricycle

Crédit photo : Veligo

+23. Encourager la cyclologistique et les professionnels à vélo

Le vélo n’est pas seulement un moyen de déplacement, c’est aussi un outil de travail qui se développe dans les centres urbains denses apportant aux clients une grande fiabilité horaire et un accès facilités aux centres piétons.

La cyclo-logistique a toute sa place comme dernier maillon de la chaîne de livraison (les « derniers kilomètres »).

Les vélo-taxis peuvent compléter l’offre de mobilité décarbonée d’un territoire avec un service de transport porte à porte individuel et inclusif, adapté par exemple aux personnes âgées.

Les artisans à vélo (plombiers, réparateurs, électriciens, paysagistes…) sont également de plus en plus nombreux et organisés via Les Boîtes à Vélo pour encourager d’autres professionnels à faire de même et développer la pratique.

Professionnel à vélo Gooday
Coursiers montpelliérains

Leviers d’action : revaloriser des locaux vacants en lieux de stockage individuels ou collectifs, développer des emplacements destinés aux vélos-cargos professionnels avec des accroches adaptées et possibilité de recharge et de stockage des équipements, convertir les activités des collectivités compatibles avec les cyclomobilités professionnelles, intégrer les vélos-taxis dans les offres de mobilité territoriale.

+24. Favoriser le vélo dans la déclinaison du Plan de Mobilité Employeur (PDME)

Souvent, le vélo est absent du PDME des entreprises, alors qu’il apporte des bénéfices aux employeurs (réduction des frais de parking, amélioration de l’attractivité et de la productivité), aux salariés (coûts réduits, meilleure santé physique et mentale) et à la collectivité (meilleure qualité de l’air, réduction de la congestion automobile).

Pour encourager les alternatives à la voiture individuelle, les employeurs ont plusieurs outils: Forfait Mobilité Durable (FMD), prime à l’achat d’un vélo, parkings vélos sécurisés, ateliers d’auto-réparation, douches et vestiaires, parrainage vélo (un salarié expérimenté accompagne un novice pour ses premiers trajets), cartographie des itinéraires. Ils peuvent aussi optimiser les flottes de véhicules en y intégrant des vélos de fonction.

Rayon de pertinence des modes de transport
Crédit : ADEME

Les collectivités locales peuvent influencer le PDME des entreprises implantées sur leur territoire. Par exemple, à Rennes, le label Mobil’employeur permet aux entreprises, dès le niveau bronze, de bénéficier d’une réduction de 15 % sur les locations de vélo. « L’expérience nous a montré qu’en plus d’agir sur les infrastructures, il était nécessaire de faire changer les comportements. Dans les établissements engagés dans la démarche, en moyenne, la part de la voiture solo est inférieure de 10 points »

+25. Repenser la place des associations vélo dans les politiques de la ville

Intégrer les associations vélo dans les politiques de la ville permet de bénéficier d’une expertise terrain, d’une proximité avec les usagers, d’une source d’innovation (laboratoire d’idées, projets pilotes), de renforcer la cohésion sociale et l’appropriation de l’espace public. En complémentarité avec les services publics, les collectivités peuvent sous-traiter certaines missions (ex : sensibilisation, diagnostics participatifs) aux associations, moins chères et plus agiles.

Ces propositions ont été élaborées par des citoyens bénévoles à la lumière de l’expertise d’usage de l’association Vélocité Grand Montpellier, du baromètre vélo 2025, en lien avec les chartes de la Fédération des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB), en collaboration avec Le Vieux Biclou, et avec le soutien de la Ligue Contre la Violence Routière, de Montpellier à Pied et du Bonheur à Vélo.

Au revoir, Robert

Robert Turquety a joué un rôle moteur dans le Vélocité d’avant JeSuisUnDesDeux.
Longtemps membre du conseil d’administration et secrétaire, il était animé d’une conviction sans faille.
Puis il a facilité la transmission quand l’association a pris un nouvel essor. Nous l’avons alors retrouvé, toujours actif, au sein de Montpellier à pied.
Se distinguant par son humour, ses convictions écologiques, il était également un très bon danseur !
Robert nous a quittés dimanche 18 janvier.
L’association assure son épouse et ses enfants de son soutien dans ces moments difficiles.

Pour vous déplacer à vélo, identifiez un itinéraire sécurisé

Pour vous faire connaître les itinéraires efficaces et sécurisés, l’association Vélocité propose un accompagnement gratuit sur des parcours validés pour vous.

Ces ateliers s’adressent à tous les adultes qui souhaitent prendre de l’assurance en milieu urbain. Il suffit de savoir rouler à vélo, et d’en avoir un le jour de l’atelier. Physiquement, c’est à portée de tout le monde, la distance des trajets est d’environ 8 Km.

Choisissez le(s) parcours qui vous intéressent parmi ceux que nous proposons :

  • De l’arrêt de Tram Pilory à Port Marianne en passant par la gare St Roch
  • De l’Hôtel de ville de Montpellier à l’aube rouge à Castelnau le Lez
  • Des Beaux Arts à St Clément de Rivière via les Facs
  • Du Corum à St Jean de Védas via Figuerolles
  • Boucle Corum-Comédie via Port-Marianne et le tunnel cyclable, après une remise en selle sur l’Esplanade

Détails des parcours proposés : cartes et qrcode parcours

Des dates seront proposées dès lors que nous aurons recueilli suffisamment d’inscriptions.
Intéressé(e) ? Alors remplissez ce court formulaire : https://forms.gle/PSY7SuBeVAEDLCsZ8

Beaucoup de cyclistes dans la galerie cycliste sous la Comédie à Montpellier

Dans la galerie cyclable sous la place de la Comédie (photo Hérault Tribune)

Maîtriser sa trajectoire en environnement sécurisé

Carrefour Flahaut / Sabatier d’Espeyran : Un mort, des travaux bâclés

Mis en avant

La véloligne 10 est une superbe réalisation, mais l’aménagement de ce carrefour, où une personne est décédée il y a 6 mois, n’est pas à la hauteur.

20 décembre 2025, les travaux de sécurisation des cyclistes sur le carrefour Avenue Flahaut / Sabatier d’Espeyran, intersection majeure de la véloligne 10, se terminent. Ça devrait être une bonne nouvelle, alors pourquoi les bénévoles de Vélocité sont-ils déçus ?

Depuis plus de 4 ans, Vélocité alerte la métropole sur la dangerosité de ce carrefour et propose des schémas de principe pour sa sécurisation1.

Le 23 juillet 2025, M.Gauer, qui se rendait à son travail à vélo, a été écrasé par un camion, il est décédé sur cette intersection2. Ce type d’accident dramatique, où le cycliste était probablement dans l’angle mort du camion, est malheureusement un cas d’école. Le principal danger en intersection concerne les personnes qui, à vélo, vont tout droit, et se trouvent dans l’angle mort d’un véhicule motorisé tournant à droite.

Pour réduire ce danger de collision entre véhicules motorisés tournant à droite et personnes à vélo allant tout droit, les experts recommandent de :

  • réduire la vitesse des véhicules motorisés
  • assurer la visibilité réciproque des usagers
  • proposer des trajectoires cyclables crédibles.

Trois conditions qui ne sont pas remplies.

Une excellente publication du Cerema décrit comment aménager une intersection en carrefour cyclable3. Le Cerema est un organisme qui accompagne les collectivités dans l’élaboration et la mise en oeuvre de projets d’aménagement.

Source : Cerema « Carrefours cyclables en milieu urbain: les règles de conception »

Sur le carrefour Flahaut / Sabatier d’Espeyran, après les travaux, le rayon de courbure de l’angle sud-est, très élevé, permet toujours aux véhicules de prendre le virage à droite à grande vitesse. Vélocité a préconisé la pose d’îlots-amandes avec des courbes resserrées, permettant une diminution de la vitesse des véhicules motorisés. Cette préconisation a été ignorée.

De plus, les trajectoires vélo ne sont pas crédibles. Or, proposer des trajets cyclables crédibles, respectant les règles sur les rayons de courbure des trajectoires, est la règle d’or selon les experts du Cerema.

Même la couleur du revêtement reflète la philosophie de la réalisation : c’est un aménagement pour sécuriser les vélos mais sans continuité visuelle pour les vélos, par contre la continuité voiture est assurée, pour l’accès d’une auto-école, même sur le trottoir ! Pire, à l’endroit où a eu lieu la collision mortelle cet été, la trajectoire logique à vélo semble être de continuer tout droit, en plein milieu de l’intersection, sans bénéficier de la protection réalisée. Les risques d’un nouveau drame sont donc élevés.

8 janvier 2026, une personne à vélo sort de l’aménagement et se retrouve au milieu du carrefour.

En résumé, l’aménagement actuel de cette intersection n’est pas satisfaisant.

C’est dommage, car le plus dur a été fait : réduire le nombre de voies motorisées de part et d’autre. Quel gâchis, de temps bénévole puisque Vélocité fait des propositions depuis des années sur ce carrefour, mais aussi d’argent public et d’énergie des aménageurs.

Alors, même s’il est agaçant de proposer des rustines pour améliorer à la marge une intersection aussi mal conçue, l’association choisit une fois de plus une attitude constructive et espère un arbitrage politique positif.

Vélocité demande donc dans l’immédiat (avant la fin du mandat) que :

  1. les revêtements soient repris pour rendre lisible la continuité cyclable
    1. L’itinéraire vélo doit être en revêtement noir continu. Actuellement, les cyclistes doivent franchir un revêtement clair laissant croire qu’ils traversent un trottoir.
    2. Le trottoir au niveau de l’entrée/sortie charretière de l’auto-école doit être en revêtement clair continu, pour garantir la continuité marchable pour les piétons.
  2. les bordures soient reprises
    1. La bordure Flahault du coin sud-est doit être étendue (en restant franchissable par l’auto-école) pour améliorer la lisibilité de l’itinéraire cyclable prévu
    2. Les bordures Flahaut du coin nord-ouest et Sabatier d’Espeyran du coin sud-est doivent être raccourcies pour des trajectoires vélo un peu plus crédibles
  3. la traversée cyclable sur Flahault sud soit décalée légèrement vers le nord pour sortir le poteau du feu de sa trajectoire

Et surtout :

Vélocité demande aux candidates et candidats aux municipales de mars 2026 de s’engager sur la refonte à court terme de ce carrefour. Sans dépendance aux potentiels travaux de bus-tram. Sans mépris de l’expertise d’usage apportée par des associations comme Vélocité. Avec une vraie ambition de réaliser une intersection réellement sécurisée.

La véloligne 10 est un axe majeur du Réseau Express Vélo Montpelliérain, le linéaire (hors intersections) a été réalisé de manière exemplaire. C’est une réalisation de qualité qui rayonne déjà ailleurs en France, et dont la fréquentation est amenée à exploser dans les années à venir. Il est incompréhensible qu’y subsiste un tel point noir, signalé sans ambigüité depuis des années et encore récemment par le baromètre vélo 20254.

Source : Cerema « Carrefours cyclables en milieu urbain: les règles de conception »

1 https://x.com/VelociteMtp/status/1375060037022928897
2 https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/accident-a-montpellier-un-camion-percute-un-velo-a-un-carrefour-le-cycliste-sexagenaire-gravement-blesse-est-decede-au-chu-3192252.html
3 https://www.cerema.fr/fr/actualites/carrefours-cyclables-milieu-urbain-regles-conception
4 https://www.barometre-velo.fr/2025/carte/#15.83/43.624133/3.862437

Baromètre vélo 2025 : les résultats

Le baromètre vélo, c’est la plus grande enquête citoyenne sur le vélo dans le monde, porté par la Fédération des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB), dont fait partie Vélocité Grand Montpellier. Cette 4ème édition permet de mesurer l’évolution depuis les enquêtes précédentes, en 2017, 2019 et 2021. https://www.barometre-velo.fr/2025/

Le baromètre, un outil au service des collectivités

Outil de valorisation des politiques publiques quand les communes portent des actions en faveur du vélo, le baromètre est aussi un révélateur des attentes des usagers. 

Les résultats sont une mine d’information et un outil d’aide à la décision pour les collectivités locales, qui doivent s’emparer de cette ressource formidable alimentée par l’expertise d’usage des citoyennes et citoyens qui habitent ou traversent leur territoire, en complément de l’expertise technique de leurs services, et de la concertation avec les associations de plaidoyer FUB.

Des notes très disparates sur l’aire urbaine de Montpellier 

Sur l’aire urbaine de Montpellier, les communes obtiennent des notes de A à G…

Certains axes doivent être améliorés

Au-delà de la note globale du “climat vélo” de chaque commune, les personnes répondant à l’enquête pouvaient citer des endroits prioritaires à aménager, des endroits améliorés récemment, et des besoins de stationnement. A l’échelle métropolitaine, l’avenue Jean-Jaurès à Castelnau-le-Lez ressort comme un point noir majeur signalé par plus de 600 personnes. 

C’est d’ailleurs symptomatique d’un problème plus général : si les conditions s’améliorent au sein de la plupart des communes, le bât blesse sur les liaisons intercommunales. Un autre exemple est l’allée de l’Europe à Juvignac, signalée comme dangereuse par plus de 100 personnes.

Montpellier, ville “plutôt favorable à la pratique du vélo”

Montpellier est 14ème sur 37 au classement des grandes villes, en progression d’une place depuis 2021. Il y a encore du chemin à faire pour la 7ème ville de France en population, notée C sur une échelle de A à G, correspondant à une note de 3,56 légèrement au-dessus de la moyenne nationale, en progression depuis le D obtenu en 2021.

Cancre en 2017 et 2019, Montpellier s’était faite remarquée par sa progression spectaculaire entre 2019 et 2021, en reconnaissance des pistes cyclables de la fin du mandat de Philippe Saurel obtenue grâce à la mobilisation citoyenne #JeSuisUnDesDeux (Gerhardt, Fbg Figuerolle, Avenue de Toulouse), du rôle de précurseur de la ville lors de la crise sanitaire avec les coronapistes (pont de Castelnau, pont Juvénal, Flahault, Mondial 98, voie Domitienne) suivie par le début de mandat de Michaël Delafosse qui s’inscrivait dans la continuité (rue Saint Louis, Gambetta, …). Cette période “folle” a permis de rattraper sensiblement une partie du retard accumulé par le passé et de recoller le peloton des villes cyclables..

Mais aujourd’hui la dynamique vélo est nationale, la plupart des autres villes travaillent elles aussi à favoriser l’usage du vélo et à rendre les itinéraires moins hostiles à sa pratique. Montpellier doit poursuivre ses efforts à une allure plus soutenue pour rejoindre le haut du tableau. Les villes où on faisait déjà du vélo restent en effet dans le peloton de tête.

Le réseau express vélo apparaît, avec des réalisations inégales

La Métropole a défini un réseau express vélo composé d’un anneau vélo, de rocades et de radiales, en soutien de son ambition de porter à 15% la part modale du vélo à horizon 2032. Il est intéressant de superposer les résultats du baromètre à la carte des “Vélolignes montpelliéraines”.

https://www.montpellier.fr/actions/grands-projets/reseau-express-velo-les-velolignes-montpellieraines

Sur l’anneau vélo, on voit beaucoup de vert, correspondant aux aménagements pérennisés rues Gerhardt/Doria et rue Saint Louis, à la chute du trafic motorisé sur le cours Gambetta, le boulevard de Strasbourg et la rue Léon Blum nord. 

Plutôt du rouge en revanche sur le Quai Laurens, rue Léon Blum sud, et l’avenue Mermoz est toujours très routière.

Le cours Gambetta est un cas intéressant, cité dans le dossier de presse de la FUB au niveau national, car il y a beaucoup de vert mais aussi beaucoup de rouge, reflétant les avis mitigés : la baisse drastique du trafic motorisé de transit a permis l’amélioration de la sécurité des déplacements à vélo, mais l’aménagement n’est pas optimal, comme expliqué sur l’observatoire vélo de Vélocité https://observatoire.velocite-montpellier.fr/veloligne-Anneau#section-centrale

De même sur la rue Doria, où la situation s’est améliorée (piste unidirectionnelle pérennisée d’un côté) mais où il reste des attentes (absence de piste de l’autre côté).

En ce qui concerne les vélolignes rocades et radiales, les premières réalisations route de Mende et avenue Flahaut (véloligne 10) sont reconnues, avec beaucoup de vert, mais il reste beaucoup à faire, avec notamment une décision politique forte à prendre avenue Jean-Jaurès à Castelnau (véloligne 1).

Le baromètre valide le niveau d’exigence de Vélocité

En septembre 2024, Vélocité avait mis en ligne son Observatoire du plan vélo qui consiste en une évaluation quantitative et qualitative du réseau de Vélolignes Montpelliéraines. Ce travail avait été réalisé grâce à expertise de bénévoles de l’association mais on pouvait se questionner sur le niveau d’exigence : Vélocité en demande-t-elle trop ? Les attentes exprimées par les milliers de répondants au baromètre confirment les attentes de Vélocité. En effet la superposition  de la cartographie du baromètre donne des résultats très proches de celle de l’observatoire des vélolignes. Vélocité n’est pas une association d’enfants gâtés qui en demandent toujours trop : les usagers ont les mêmes ambitions et attentes.