Robert Turquety a joué un rôle moteur dans le Vélocité d’avant JeSuisUnDesDeux.
Longtemps membre du conseil d’administration et secrétaire, il était animé d’une conviction sans faille.
Puis il a facilité la transmission quand l’association a pris un nouvel essor. Nous l’avons alors retrouvé, toujours actif, au sein de Montpellier à pied.
Se distinguant par son humour, ses convictions écologiques, il était également un très bon danseur !
Robert nous a quittés dimanche 18 janvier.
L’association assure son épouse et ses enfants de son soutien dans ces moments difficiles.
Archives de l’auteur : Helene Quillaud
Vous souhaitez vous déplacer à vélo, et avez besoin d’identifier un itinéraire sécurisé ?
Pour vous faire connaître les itinéraires efficaces et sécurisés, l’association Vélocité propose un accompagnement gratuit sur des parcours validés pour vous.
Ces ateliers s’adressent à tous les adultes qui souhaitent prendre de l’assurance en milieu urbain. Il suffit de savoir rouler à vélo, et d’en avoir un le jour de l’atelier. Physiquement, c’est à portée de tout le monde, la distance des trajets est d’environ 8 Km.
Choisissez le(s) parcours qui vous intéressent parmi ceux que nous proposons :
- De l’arrêt de Tram Pilory à Port Marianne en passant par la gare St Roch
- De l’Hôtel de ville de Montpellier à l’aube rouge à Castelnau le Lez
- Des Beaux Arts à St Clément de Rivière via les Facs
- Du Corum à St Jean de Védas via Figuerolles
- Boucle Corum-Comédie via Port-Marianne et le tunnel cyclable, après une remise en selle sur l’Esplanade
Détails des parcours proposés : cartes et qrcode parcours
Des dates seront proposées dès lors que nous aurons recueilli suffisamment d’inscriptions.
Intéressé(e) ? Alors remplissez ce court formulaire : https://forms.gle/PSY7SuBeVAEDLCsZ8

Dans la galerie cyclable sous la place de la Comédie (photo Hérault Tribune)

Maîtriser sa trajectoire en environnement sécurisé
Carrefour Flahaut / Sabatier d’Espeyran : Un mort, des travaux bâclés
Mis en avant
La véloligne 10 est une superbe réalisation, mais l’aménagement de ce carrefour, où une personne est décédée il y a 6 mois, n’est pas à la hauteur.
20 décembre 2025, les travaux de sécurisation des cyclistes sur le carrefour Avenue Flahaut / Sabatier d’Espeyran, intersection majeure de la véloligne 10, se terminent. Ça devrait être une bonne nouvelle, alors pourquoi les bénévoles de Vélocité sont-ils déçus ?
Depuis plus de 4 ans, Vélocité alerte la métropole sur la dangerosité de ce carrefour et propose des schémas de principe pour sa sécurisation1.
Le 23 juillet 2025, M.Gauer, qui se rendait à son travail à vélo, a été écrasé par un camion, il est décédé sur cette intersection2. Ce type d’accident dramatique, où le cycliste était probablement dans l’angle mort du camion, est malheureusement un cas d’école. Le principal danger en intersection concerne les personnes qui, à vélo, vont tout droit, et se trouvent dans l’angle mort d’un véhicule motorisé tournant à droite.
Pour réduire ce danger de collision entre véhicules motorisés tournant à droite et personnes à vélo allant tout droit, les experts recommandent de :
- réduire la vitesse des véhicules motorisés
- assurer la visibilité réciproque des usagers
- proposer des trajectoires cyclables crédibles.
Trois conditions qui ne sont pas remplies.
Une excellente publication du Cerema décrit comment aménager une intersection en carrefour cyclable3. Le Cerema est un organisme qui accompagne les collectivités dans l’élaboration et la mise en oeuvre de projets d’aménagement.

Source : Cerema « Carrefours cyclables en milieu urbain: les règles de conception »
Sur le carrefour Flahaut / Sabatier d’Espeyran, après les travaux, le rayon de courbure de l’angle sud-est, très élevé, permet toujours aux véhicules de prendre le virage à droite à grande vitesse. Vélocité a préconisé la pose d’îlots-amandes avec des courbes resserrées, permettant une diminution de la vitesse des véhicules motorisés. Cette préconisation a été ignorée.
De plus, les trajectoires vélo ne sont pas crédibles. Or, proposer des trajets cyclables crédibles, respectant les règles sur les rayons de courbure des trajectoires, est la règle d’or selon les experts du Cerema.
Même la couleur du revêtement reflète la philosophie de la réalisation : c’est un aménagement pour sécuriser les vélos mais sans continuité visuelle pour les vélos, par contre la continuité voiture est assurée, pour l’accès d’une auto-école, même sur le trottoir ! Pire, à l’endroit où a eu lieu la collision mortelle cet été, la trajectoire logique à vélo semble être de continuer tout droit, en plein milieu de l’intersection, sans bénéficier de la protection réalisée. Les risques d’un nouveau drame sont donc élevés.

8 janvier 2026, une personne à vélo sort de l’aménagement et se retrouve au milieu du carrefour.
En résumé, l’aménagement actuel de cette intersection n’est pas satisfaisant.
C’est dommage, car le plus dur a été fait : réduire le nombre de voies motorisées de part et d’autre. Quel gâchis, de temps bénévole puisque Vélocité fait des propositions depuis des années sur ce carrefour, mais aussi d’argent public et d’énergie des aménageurs.
Alors, même s’il est agaçant de proposer des rustines pour améliorer à la marge une intersection aussi mal conçue, l’association choisit une fois de plus une attitude constructive et espère un arbitrage politique positif.
Vélocité demande donc dans l’immédiat (avant la fin du mandat) que :
- les revêtements soient repris pour rendre lisible la continuité cyclable
- L’itinéraire vélo doit être en revêtement noir continu. Actuellement, les cyclistes doivent franchir un revêtement clair laissant croire qu’ils traversent un trottoir.
- Le trottoir au niveau de l’entrée/sortie charretière de l’auto-école doit être en revêtement clair continu, pour garantir la continuité marchable pour les piétons.
- les bordures soient reprises
- La bordure Flahault du coin sud-est doit être étendue (en restant franchissable par l’auto-école) pour améliorer la lisibilité de l’itinéraire cyclable prévu
- Les bordures Flahaut du coin nord-ouest et Sabatier d’Espeyran du coin sud-est doivent être raccourcies pour des trajectoires vélo un peu plus crédibles
- la traversée cyclable sur Flahault sud soit décalée légèrement vers le nord pour sortir le poteau du feu de sa trajectoire

Et surtout :
Vélocité demande aux candidates et candidats aux municipales de mars 2026 de s’engager sur la refonte à court terme de ce carrefour. Sans dépendance aux potentiels travaux de bus-tram. Sans mépris de l’expertise d’usage apportée par des associations comme Vélocité. Avec une vraie ambition de réaliser une intersection réellement sécurisée.
La véloligne 10 est un axe majeur du Réseau Express Vélo Montpelliérain, le linéaire (hors intersections) a été réalisé de manière exemplaire. C’est une réalisation de qualité qui rayonne déjà ailleurs en France, et dont la fréquentation est amenée à exploser dans les années à venir. Il est incompréhensible qu’y subsiste un tel point noir, signalé sans ambigüité depuis des années et encore récemment par le baromètre vélo 20254.

Source : Cerema « Carrefours cyclables en milieu urbain: les règles de conception »
1 https://x.com/VelociteMtp/status/1375060037022928897
2 https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/accident-a-montpellier-un-camion-percute-un-velo-a-un-carrefour-le-cycliste-sexagenaire-gravement-blesse-est-decede-au-chu-3192252.html
3 https://www.cerema.fr/fr/actualites/carrefours-cyclables-milieu-urbain-regles-conception
4 https://www.barometre-velo.fr/2025/carte/#15.83/43.624133/3.862437
Tous à vélo 2025
Rendez-vous pour la grande manifestation annuelle, festive et revendicative !
DIMANCHE 16 NOVEMBRE
14h30 Place du Millénaire, Antigone, Montpellier
Baromètre vélo 2025 : les résultats
Le baromètre vélo, c’est la plus grande enquête citoyenne sur le vélo dans le monde, porté par la Fédération des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB), dont fait partie Vélocité Grand Montpellier. Cette 4ème édition permet de mesurer l’évolution depuis les enquêtes précédentes, en 2017, 2019 et 2021. https://www.barometre-velo.fr/2025/
Le baromètre, un outil au service des collectivités
Outil de valorisation des politiques publiques quand les communes portent des actions en faveur du vélo, le baromètre est aussi un révélateur des attentes des usagers.
Les résultats sont une mine d’information et un outil d’aide à la décision pour les collectivités locales, qui doivent s’emparer de cette ressource formidable alimentée par l’expertise d’usage des citoyennes et citoyens qui habitent ou traversent leur territoire, en complément de l’expertise technique de leurs services, et de la concertation avec les associations de plaidoyer FUB.
Des notes très disparates sur l’aire urbaine de Montpellier
Sur l’aire urbaine de Montpellier, les communes obtiennent des notes de A à G…

Certains axes doivent être améliorés
Au-delà de la note globale du “climat vélo” de chaque commune, les personnes répondant à l’enquête pouvaient citer des endroits prioritaires à aménager, des endroits améliorés récemment, et des besoins de stationnement. A l’échelle métropolitaine, l’avenue Jean-Jaurès à Castelnau-le-Lez ressort comme un point noir majeur signalé par plus de 600 personnes.

C’est d’ailleurs symptomatique d’un problème plus général : si les conditions s’améliorent au sein de la plupart des communes, le bât blesse sur les liaisons intercommunales. Un autre exemple est l’allée de l’Europe à Juvignac, signalée comme dangereuse par plus de 100 personnes.
Montpellier, ville “plutôt favorable à la pratique du vélo”
Montpellier est 14ème sur 37 au classement des grandes villes, en progression d’une place depuis 2021. Il y a encore du chemin à faire pour la 7ème ville de France en population, notée C sur une échelle de A à G, correspondant à une note de 3,56 légèrement au-dessus de la moyenne nationale, en progression depuis le D obtenu en 2021.
Cancre en 2017 et 2019, Montpellier s’était faite remarquée par sa progression spectaculaire entre 2019 et 2021, en reconnaissance des pistes cyclables de la fin du mandat de Philippe Saurel obtenue grâce à la mobilisation citoyenne #JeSuisUnDesDeux (Gerhardt, Fbg Figuerolle, Avenue de Toulouse), du rôle de précurseur de la ville lors de la crise sanitaire avec les coronapistes (pont de Castelnau, pont Juvénal, Flahault, Mondial 98, voie Domitienne) suivie par le début de mandat de Michaël Delafosse qui s’inscrivait dans la continuité (rue Saint Louis, Gambetta, …). Cette période “folle” a permis de rattraper sensiblement une partie du retard accumulé par le passé et de recoller le peloton des villes cyclables..
Mais aujourd’hui la dynamique vélo est nationale, la plupart des autres villes travaillent elles aussi à favoriser l’usage du vélo et à rendre les itinéraires moins hostiles à sa pratique. Montpellier doit poursuivre ses efforts à une allure plus soutenue pour rejoindre le haut du tableau. Les villes où on faisait déjà du vélo restent en effet dans le peloton de tête.

Le réseau express vélo apparaît, avec des réalisations inégales
La Métropole a défini un réseau express vélo composé d’un anneau vélo, de rocades et de radiales, en soutien de son ambition de porter à 15% la part modale du vélo à horizon 2032. Il est intéressant de superposer les résultats du baromètre à la carte des “Vélolignes montpelliéraines”.

Sur l’anneau vélo, on voit beaucoup de vert, correspondant aux aménagements pérennisés rues Gerhardt/Doria et rue Saint Louis, à la chute du trafic motorisé sur le cours Gambetta, le boulevard de Strasbourg et la rue Léon Blum nord.
Plutôt du rouge en revanche sur le Quai Laurens, rue Léon Blum sud, et l’avenue Mermoz est toujours très routière.
Le cours Gambetta est un cas intéressant, cité dans le dossier de presse de la FUB au niveau national, car il y a beaucoup de vert mais aussi beaucoup de rouge, reflétant les avis mitigés : la baisse drastique du trafic motorisé de transit a permis l’amélioration de la sécurité des déplacements à vélo, mais l’aménagement n’est pas optimal, comme expliqué sur l’observatoire vélo de Vélocité https://observatoire.velocite-montpellier.fr/veloligne-Anneau#section-centrale
De même sur la rue Doria, où la situation s’est améliorée (piste unidirectionnelle pérennisée d’un côté) mais où il reste des attentes (absence de piste de l’autre côté).
En ce qui concerne les vélolignes rocades et radiales, les premières réalisations route de Mende et avenue Flahaut (véloligne 10) sont reconnues, avec beaucoup de vert, mais il reste beaucoup à faire, avec notamment une décision politique forte à prendre avenue Jean-Jaurès à Castelnau (véloligne 1).
Le baromètre valide le niveau d’exigence de Vélocité
En septembre 2024, Vélocité avait mis en ligne son Observatoire du plan vélo qui consiste en une évaluation quantitative et qualitative du réseau de Vélolignes Montpelliéraines. Ce travail avait été réalisé grâce à expertise de bénévoles de l’association mais on pouvait se questionner sur le niveau d’exigence : Vélocité en demande-t-elle trop ? Les attentes exprimées par les milliers de répondants au baromètre confirment les attentes de Vélocité. En effet la superposition de la cartographie du baromètre donne des résultats très proches de celle de l’observatoire des vélolignes. Vélocité n’est pas une association d’enfants gâtés qui en demandent toujours trop : les usagers ont les mêmes ambitions et attentes.
